13 avr. 2011

Apocalypse bébé, de Virginie Despentes

Virginie Despentes et moi même sommes au moins d'accord sur une chose: « Si on écrit des livres juste pour participer aux concours de l’année, cela n’a pas un grand intérêt, parce que c’est chiant à faire ces trucs. » dit-elle, et elle a bien raison. Cela ne l'a pas empêchée d'empocher le Prix Renaudot au passage pour ce 7ème roman.

Ce "road-book" (Et non road-movie car ce n'est pas un film mais un livre...), narre l'histoire de Lucie détective débutante mal payée sans grande motivation et peu douée, que l'on charge de retrouver Valentine, 15 ans, ado paumée, déjantée, voire dépravée et de bonne famille. Pour cela elle va demander l'aide d'une mystérieuse femme spécialisée dans les disparitions, sombre un peu, caractérielle beaucoup, lesbienne passionnément, intuitive énormément, aimable pas du tout, qui se fait appeler la Hyène. Ce duo des plus mal assortis, va suivre, de Paris à Barcelone, la trace de cette jeune fille que l'on apprend à connaître de mieux en mieux au fil des pages au travers des témoignages rarement gratifiants de ceux qu'elle a croisés à chaque étape de sa fugue.

Le décor se plante au fur et à mesure, avec cynisme et lucidité. On en vient à comprendre le comportement pourtant destructeur et parfois pathétique de l'ado fugueuse. Personne n'est épargné. Chacun en prend pour son grade: la famille bourgeoise catho, les cousins musulmans traditionnalistes, la mère pseudo catin, les jeunes, les vieux, les pauvres, les utopistes... Il y en a pour tout le monde!

Le style est vif, direct, ironique.. Point de grandes tournures littéraires mais une certaine crudité pas désagréable. Environ 300 pages qui défilent à grande vitesse sans difficulté. les personnages sont attachants juste ce qu'il faut.

Je n'avais jamais lu Despentes avant. je recommencerai.

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