15 juil. 2011

Zombi, de Joyce Carol Oates.

J'ai lu quelque part que si on avait aimé American Psycho de Bret Easton Elis, on aimerait Zombi de Joyce Carol Oates. Ce n'est pas faux, même si Quentin le serial killer de Oates n'a rien de la flamboyance de Patrick Bateman le précieux héros psychopathe de BEE.

Dans ce roman l'anti héros qui s'identifie lui même sous les initiales Q....P..., nous narre son existence assez miserable de gardien de maison, anciennement condamné pour agression sexuelle sur mineur, et que sa famille croit innocent. Cependant, si Quentin accepte la platitude de son existence, c'est uniquement dans le but de cacher son secret. En effet, il travaille secrètement  à la fabrication d'un zombi.

Un zombi? pourtant point de Frankenstein ici. Non l'auteur va plus loin dans le fonctionnement complexe du cerveau de son monstre... Q...P.... est persuadé que s'il lobotomise un jeune homme, celui ci deviendra totalement docile et dévoué, l'idolâtrera et lui permettra d'assouvir ses pulsions sexuelles sans rechigner.

Le problème c'est que le narrateur n'a aucunement étudier la medecine, et n'a qu'une idée vague de la procédure à effectuer pour une lobotomie. Il en résulte un echec systématique, entrainant la mort des sujets successifs, et ce pour le grand malheur de Q....P....

Le roman explore les mécanismes obscurs de la frustration et de la perversion de Quentin: la déception naïve découlant de ses echecs, l'excitation et les stratagèmes machiavéliques pendant la chasse à la nouvelle proie. Il nous les fait vivre d'autant plus qu'il s'agit ici d'un récit à la première personne et que nous devenons, du coup, un peu ce dangereux psychopathe.

Oates a toujours eu une façon très personnelle de nous faire partager les plus sombres côtés de la race humaine. Le livre tient ses promesses: Il est angoissant... mais il reste toutefois  bien loin de l'horreur sophistiquée de American Psycho.

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